15 janvier 2008

Vincent Bellan

Témoignage de Vincent Bellan, fils de Maryvonne et Henri

Je n’aime pas trop les retours dans le passé, de style réactionnaire « c’était mieux avant » ou de style congratulatoire « c’était le bon temps ». Cependant, ce qui me reste en mémoire de mes séjours  à l’Igloo forme une succession de souvenirs pour moi fondateurs et ces souvenirs ne correspondent pas aux deux styles suggérés plus haut. Ils sont ma vraie richesse, avec d’autres souvenirs vécus dans d’autres lieux bien sûr. N’est-ce pas la plus belle destination pour un lieu que celle de rendre son visiteur un homme riche ? N’est-ce pas un enseignement à retenir puisque je suis, avec Soizic, chargé de l’éducation de ma petite Lilah ? C’est pourquoi évoquer l’Igloo est pour moi un plaisir, un voyage aux fondations de ma personnalité, et contrairement aux apparences, me fait penser à l’avenir.

Je marche avec fierté sur la digue, en bermuda, tennis et tee shirt, en cette fin d’après midi. J’ai une bouteille de vin dans chaque main que je viens de gagner à la pêche à la ligne dans le square du Guémadeuc. Les vacanciers se retournent sur mon passage, sourire aux lèvres, incrédules.

Fumée du feu de bois, maquereaux fourrés aux épices tunisiennes, cave humide, pull en laine mouillés d’eau de mer, fumet du cassoulet Les Mousquetaires 1er prix, figues coupées en croix et fourrées aux amandes, gazon desséché, alcool, cigarette.

La chapelle de Dahouët était une destination privilégiée le Dimanche matin. D’autres buts à nos promenades ? Très peu en fait et toujours les mêmes, sans jamais se lasser. Le port de Dahouët par le chemin des douaniers, la plage, le Verdelet, Karreg, le marché, les sucettes ou les glaces du centre-ville, le terrain de tennis, les différentes maisons de locations des amis et membres de la famille, Lamballe, St Brieuc. L’Igloo l’été est un petit satellite qui gravite autour de quelques lieux bien précis, chaleureux, fraternels.

J’aime la modestie de l’Igloo. Nous habitons des maisons à notre image et celle de l’Igloo me convient.

J’ai des secrets aussi. Des choses que j’ai vu ou vécu et que je n’ai jamais dite et que je ne dirai jamais et qui ne sont pas bien mystérieuses en fait mais que je garde au fond de mon cœur. Des choses que l’on vit pour la première fois à l’adolescence et que l’on revivra par la suite mais sans l’étincelle de la découverte.

Avec mon argent de poche (ou est-ce un cadeau ? ) j’ai dans la poche un opinel n° 7, celui qui n’a pas de bague de sécurité. Fasciné j’imagine, je m’empresse de l’ouvrir et de le regarder dans le secret des toilettes. J’ai encore la marque sur mon index gauche de l’emplacement où il s’est refermé sur mon doigt, au dessus du lavabo devenu rouge, les jambes flageolantes.

Le sel, omniprésent.

Une longue vue dans un tiroir de la commode, des cartes élimées, des lits superposés, une baignoire sabot, un chauffe-eau à gaz, un balai, une poubelle dans le couloir, une carte maritime punaisée, les horaires des marées, un toit en tôles plastiques jaunies et bruyantes sous la pluie, une planche à voile, des coquillages, du sable au fond des seaux, des billes, des cyclistes, des paravents, un jokari, une batte de criquet offerte par David et…, mais qu’est ce qui traîne sur la toile cirée !?: des p… de devoirs de vacances.

Très chers Dominique et René, très chères familles Le Téno – Bellan,

Ce lieu, si petit sur une carte est pour moi si grand.

Aujourd’hui en ruines, et bientôt reconstruit, l’Igloo nous inspire pour inventer d’autres lieux à son image autour de nous.

Vincent Bellan

Posté par ligloo à 18:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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